Partie 3 : Le « Bas » Valais, épisode 2 : traversée des Combins

Capture d’écran 2018-07-28 à 20.57.26.png

C’est un peu fatiguée mais contente que je retrouve Steph pour cette nouvelle étape. Un joli voyage qui s’annonce, une fois de plus. Youhouh !

Il me semble que je n’ai pas encore trop parlé de qui est Steph ! Steph est guide à la compagnie de Saint Gervais. Il vit entre Morzine et Les Contamines. C’est un petit être, aux changements capillaires soudains et saisonniers, passionné par la montagne évidemment.

J’avais déjà de bonnes bases mais il m’a encore plus donné le virus de la montagne.

En plus d’être passionné, il est passionnant, et il a toujours des idées un peu farfelues en tête pour « faire de beaux voyages » en montagne. Ça c’est sur qu’il est jamais à cours d’idées géniales et originales. Je crois qu’on peut dire qu’il m’a appris la majorité de ce que je sais faire en alpi et qu’il n’est jamais avare de conseils pour m’aider à progresser, à me sentir de plus en plus à l’aise et à partir en tête dans des terrains de plus en plus techniques. Et puis, faut bien le dire, on se marre bien et c’est bien le plus important ! Tout ça pour dire, si un jour, vous avez besoin d’un guide appelez-le et dites lui que vous avez lu ça sur mon blog !

Donc, ce matin du 17 juillet, l’étape commence par la montée à la cabane de Valsorey. Une petite journée que l’on décide de commencer par la pause dej, à 11h, histoire de se mettre bien ! Pain, paté, saucisson, gruyère, un petit pique-nique bien équilibré.

Plus les jours en montagne passent, plus je me dis qu’après cette traversée, celui qui me demande du sauc’ et du fromage pour l’apéro sera joyeusement invité à choisir autre chose à manger parce que je vais en avoir sacrément marre.

La montée au refuge suit un joli sentier de randonnée dans un cadre bucolique entre les petites fleurs et les torrents. C’est tout beau tout mignon, comme dans les films. Il ne fait pas trop chaud et le ciel se couvre de plus en plus, on sent la pluie arriver.

Après 2h30 de montée, on arrive et à peine le pied posé dans le refuge, il se met à pleuvoir. Ça, c’est du timing.

Ici, c’est une chouette petite cabane à l’ancienne avec le poêle à bois qui va bien et l’accueil chaleureux.

Avant le repas, on profite d’une accalmie pour jeter un œil, à notre itinéraire du lendemain aux jumelles,

On prévoit de partir assez tôt dans la nuit, donc de passer plusieurs heures dans le noir et du coup, mieux vaut regarder un peu dans quoi on va s’embarquer.

Après manger, on fait nos sacs et on ne s’attarde pas trop, le réveil est prévu à 2h50, encore une fois, ça fait un réveil bien bien matinal.

Départ 3h20, je sens qu’on devient de plus en plus efficaces dans le réveil, le petit dej et le départ ! En 30 min, bim, on est dehors.

On est 3 cordées de 2 à prendre le départ pour la traversée de tous les combins. Les quelques autres cordées partent pour l’aller-retour sur l’arête du Meitin.

L’ascension commence par une sente qui remonte directement au dessus du refuge.

Puis on chausse les crampons, pour traverser le glacier du Meitin et remonter les pentes de neige bien dure qui nous mènent un peu au dessus du col du Meitin. Il fait nuit noire, évidemment, on ne voit pas grand chose mais on distingue plus ou moins le bas du premier ressaut de l’arête.

Après le col, on remonte un mix de rochers et d’éboulis pour atteindre, vers 5h, le pied de l’arête facilement identifiable par 2 spits (un à droite au dessus de notre tête et un autre un peu plus haut sur la gauche).

Il fait toujours bien noir, forcément on est déjà le 18 juillet, le soleil se lève de plus en plus tard. En fait, j’ai du mal à réaliser que le temps passe. Pour moi, on était encore en juin. Mais non, ça fait presque un mois que mon projet a commencé ! Pfiou, je suis perdue dans les dates et dans les jours !

Enfin, le premier pas de ce ressaut est un peu athlétique et nous sort de notre demi-sommeil en 2 secondes. La suite de l’itinéraire est logique et plus facile. Les quelques spits que l’on rencontre au fur et à mesure que nous montons, nous confirment que nous suivons le bon chemin. Et nos friends/nuts nous permettent de sécuriser notre progression facilement entre. Malgré la pluie de la veille, le rocher est sec, et les conditions sont parfaites pour avancer rapidement. Ça nous change des vires pleines de neige et des rochers glacés du Mont Rose ! Ahahah la course serait vraiment différente sinon.

Le lever de soleil est encore une fois (je me répète), magnifique avec une vue imprenable sur le Mont Blanc. La journée s’annonce géniale, une fois de plus.

A 7h, on débouche sous le soleil au sommet du Combin de Valsorey à 4184m. Et on se dit « déjà ? » ! On était bien là, à jouer dans les cailloux dans des conditions de rêve. On aurait franchement bien continué.

Là haut, on s’accorde une petite pause pour profiter de la vue, et boire un coup. On est bien dans le timing, il y a un peu de vent mais il ne fait pas trop froid, alors on profite !

On commence alors la traversée en suivant l’arête neigeuse jusqu’au Combin de Grafeneire, point culminant du massif à 4314m. Une demi heure suffit pour y arriver. Et le panorama est à couper le souffle. Le massif du Grand Combin est un super belvédère duquel on peut voir tous les autres massifs à 360 degrés : celui du Mont Rose, le Cervin, la Dent Blanche, celui du Mont Blanc et même au loin les Ecrins d’un coté et le lointain Oberland de l’autre. Incroyable.

On continue sur cette arête neigeuse bien roulante pour passer l’aiguille du croissant à 4260m et descendre le Mur de la Cote pour arriver au Combin de la Tsessette à 4135m.

Les conditions sont royales : grand soleil mais pas trop chaud, peu de vent et neige excellente. Cette traversée est assez facile et on discute presque tout du long de ce qu’on pourrait faire à ski dans ce massif. Un terrain de jeu à explorer sans hésitation au printemps, ça a l’air dément.

Il nous aura fallu environ 1h30, sur cette partie en neige, pour traverser les Combins.

Mais…. C’est là que ça se gâte. Après le Combin de la Tsessette, le terrain devient rocheux dans lequel la qualité du rocher brille par son inexistence. C’est un mélange de terre sableuse et de rochers friables comme des pringles empilés les uns sur les autres. La topographie n’est pas compliquée, quoi que un peu effilée quand même, mais le terrain super instable nous oblige à rebrancher notre cerveau et à se concentrer au maximum pour ne pas glisser et se retrouver des centaines de mètres plus bas. Le niveau technique est simple mais c’est super exposé parce qu’impossible à correctement assurer.

En prenant bien notre temps, on rejoint le premier des 8 rappels pour descendre 150m plus bas. Tous les rappels ont été rééquipés en 2017 et s’enchainent plutôt bien. Sauf que la qualité du rocher reste mauvaise et qu’il faut faire attention à ne pas décrocher de gros bloc. Pour les petits cailloux qui trainaient, j’ai fait le ménage et ramoné toutes les cheminées ! Ahahah, pour les suivants qui passeront, c’est safe !

Après cette descente, on remonte vers la Tour de Boussine sur du terrain glaciaire facile qui fait plaisir.

Au sommet, on se réunit avec les 2 autres cordées le temps d’une pause pique nique et on décide de faire la descente jusqu’au glacier ensemble pour éviter de s’envoyer des parpaings et autre pierres les uns sur les autres. L’itinéraire de cette descente n’est pas évident évident mais en slalomant enotre les vitres et les barres rocheuses, on prend tout finalement pied sur le glacier. En 10h30, nous avons traversé les Combins mais la course n’est pas finie ! Eheh, non ! Il nous faut encore redescendre jusqu’au lac de Mauvoisin 1300m plus bas et le longer jusqu’en dessous du barrage ou nous avons laissé une voiture et mon vélo, soit une bonne dizaine de kilomètres.

Donc, 3h30 plus tard, on arrive à la voiture, je jette mes chaussures d’alpi que je ne tiens plus sur mes pieds, chausse mes chaussures de trail et enfourche mon vélo pour rejoindre Sembrancher, 24km plus loin, essentiellement en descente je dois l’admettre, où se trouve la fin de cette étape et le début de la suivante.

On se quitte tous super contents mais hyper crevés. Et quelques heures plus tard, je me mets sous la couette pour une bonne nuit de 12h qui sera suivie d’une sieste de 3h pour une journée post-Combins bien surchargée !

Continuez de me soutenir en faisant un petit don pour MSF. Découvrez comment en cliquant ici.

MERCI!

1 réflexion sur « Partie 3 : Le « Bas » Valais, épisode 2 : traversée des Combins »

  1. Impressionnant !

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close