Partie 2 : Les 4000 du Valais , épisode 2 : Zermatt – Arolla

Capture d_écran 2018-07-10 à 12.45.21

Lien vers la carte interactive : ici

Comme prévu, la météo de la semaine était bien mitigée. Jours de pluie en vallée et gros orages. Les précipitations en altitude ont été très abondantes à certains endroits. D’après les informations que j’ai pu récolter, les conditions sur la Dent Blanche ne sont pas très bonnes. Beaucoup de neige sur l’arête des quatre ânes que l’on voulait emprunter pour rejoindre le sommet. Tout ça ne fait que confirmer la décision que l’on avait prise : pas de hauts sommets pour cette semaine…

Me voilà donc partie avec un nouveau partenaire de cordée, Ryan, un Suisso-Franco-Belge qui dit avoir l’accent français alors qu’il prononce clairement les « r » comme un Suisse 🙂 .

L’objectif de ces 3 jours : relier Zermatt à Arolla, via la haute route classique de « Cham-Zermatt » d’ouest en est.

On repart donc de là où je m’étais arrêtée quelques jours auparavant en redescendant du Cervin : la gare de Zermatt. Ce vendredi, le ciel est encore bien chargé et on sent déjà qu’on va se prendre la pluie à un moment donné.

IMG_7980

On décide de ne pas trop trainer parce que : (1) Marcher sous la pluie, c’est pas super drôle et (2) On est déjà un peu tard et on risque de louper l’heure du diner au refuge. Et comme je dis souvent, je suis un animal qui mange, malgré mes 31 ans, je crois que mon corps est toujours en pleine croissance ! Ahahah. Enfin ça c’était avant de voir l’appétit de Ryan ! Je suis battue à plat de couture, c’est même sans comparaison.

IMG_7984

IMG_798220180706_165026 (1)

On monte rapidement au dessus de Zermatt en passant par tous ces magnifiques Mazots qui font rêver. On dépasse la cascade d’Arben d’où on peut normalement admirer la face nord du Cervin… ça ne sera pas pour nous aujourd’hui, puisque les nuages sont sérieusement descendus et qu’on ne voit même pas du tout le Cervin en face de nous…

IMG_8013

Cette rando est super jolie et pas compliquée, elle vaut le détour.

On continue le chemin et sur notre droite on peut voir les séracs du Hohwänggletscher . Les séracs m’impressionnent toujours et me font quand même un peu flipper. Bon, pas ceux la qui sont loin. Mais quand on doit passer pas loin, souvent en dessous, il ne faut pas trainer car une chute de séracs, c’est imprévisible et finir comme une crêpe dessous est une issue fortement probable.

IMG_8014IMG_8016Maintenant, il commence sérieusement à pleuvoir… mais ça y est, on a la cabane de Schönbiel en vue. En finissant la montée, sur la gauche on tente de repérer notre itinéraire du lendemain sur le Zmuttgletcher sous les rochers du Stockji.

20180706_182027

Tout trempés, on arrive au refuge, tout pile à l’heure du repas. Jamais en retard quand il s’agit de manger !

Avant d’aller se coucher, on rejette un coup d’œil au glacier que l’on doit traverser le lendemain. On est le 6 juillet mais l’itinéraire d’été n’est pas encore en bonnes conditions et on nous conseille de prendre l’itinéraire d’hiver, tout par le glacier.

Le temps n’est vraiment pas fameux… On vérifie la météo qui dit que ça devrait se lever en fin de nuit vers 5h. On est sceptiques mais optimistes !

20180706_193304

Optimiste, je l’étais aussi en me disant que, vu le peu de personnes dormant au refuge, j’allais enfin avoir une nuit sans ronfleur. Quelques minutes après m’être calée sous la couette, baaaammm une machine à ronfler se met en route, sans limiteur sonore… Aaarrggghh nooooon, la poisse ! ENCORE !

Je n’arrive pas à m’y faire. Les ronflements sont la seule chose qui peut m’empêcher de dormir. Les gens qui me connaissent savent que je peux dormir n’importe où et n’importe comment. Mais avec un(e) ronfleur : littéralement impossible. L’été en refuge va être long !

Du coup, mauvaise nuit, dormi 3h (max 4). Je ne me lève pas avec le sourire. Il est 4h30 et en regardant dehors, on ne voit pas à 10m. Le brouillard de la veille au soir est encore là. Du coup, on ne se presse pas pour le petit dej !

On se met en route vers 5h15, avec les premières lumières du jour. On passe par le sentier qui descend directement sur la moraine et qui est équipé de grosses cordes fixes sur la fin.

A peine mis le pied sur la moraine, j’appréhende mal le terrain et, paaaf, je glisse sur ces amas de petits rochers. Je sens mes fesses qui chauffent d’un coup. Bon, ça c’est fait, je vais avoir un joli bleu et/ou une belle égratignure (enfin une de plus quoi!).

IMG_8022.JPG

Remonter le Zmuttgletscher est facile, tellement que, sans vraiment y faire attention, on va trop loin et on se retrouve dans un champ de crevasses. Après en avoir enjambé 2-3 bien profondes (une bonne vingtaine de mètres à vue d’oeil), je dis à Ryan que ce n’était pas normal. Impossible que ça soit l’itinéraire classique ! Cette section de Cham-Zermatt (comme presque tout le reste) n’est pas connue pour être particulièrement dangereuse. Et la, ça pu !

Heureusement, le brouillard s’est dissipé et les nuages remontent. Maintenant, on voit qu’on n’a loupé le virage à droite pour finir de longer les rochers de Stockji et passer sur le Stockjigletscher.

Capture d_écran 2018-07-10 à 13.52.41

Du coup, demi tour, on retrouve notre chemin et continue à monter. Il n’y a plus de nuages et il commence déjà à faire sacrément chaud.

IMG_8031

Mais c’est génial, on ne voit pas de traces (certainement recouvertes/effacées par les précipitations des derniers jours) et on ne voit personne. Le bonheur.

IMG_8037.JPG

C’était sans compter sur les cordées que l’on voit descendre et qui font l’itinéraire d’est en ouest. On en croise facilement une dizaine et du coup, on se met dans leur trace qui devient rapidement un boulevard jusqu’au col de Tête Blanche.

IMG_804020180707_11072220180707_102339

De la, on rejoint facilement le sommet, Tête Blanche, 3710m, et on profite de la vue a couper le souffle : Cervin, Dent D’Hérens, Dent Blanche… On en prend plein les mirettes.

20180707_113905IMG_8047IMG_8051

Après le sommet, on ne croisera plus personne dans la descente. On avait un peu l’impression de nager à contre courant ! Ou bien, mieux, d’être dans la pub du loto. Vous savez, celle où tous les touristes sont coincés dans un embouteillage et qu’une seule voiture part sur la route des vacances ! Toutes les cordées descendaient. Nous on montait !

Capture d_écran 2018-07-10 à 14.13.10

La descente vers la cabane de Bertol sur le glacier du Mont Miné était monotone… super longue. Elle doit être géniale à ski mais à pied… Je sais que quand on aime on ne compte pas mais quand même !

20180707_130033

Après environ 26.5km, et 2650m de dénivelé positif depuis Zermatt, on arrive à Bertol pour l’heure du déjeuner. Parfait ! Le Ryan avait une de ces faims !

Ce refuge est posé en haut d’un rocher, incroyable. On se demande comment, dans les années 1910-1920, ils ont eu l’idée de le poser là-haut.

IMG_8054IMG_8057

On emprunte les échelles pour y monter et de là-haut, la vue est spectaculaire. On voit jusqu’au Cervin d’un coté et toute la vallée d’Arolla de l’autre. C’est top.

IMG_8063

Ce refuge est génial, sa localisation, son accueil, son architecture… sa tarte aux pommes et son diner ! Mmm trop bon! Vu qu’on était arrivés super tôt, on avait hésité à redescendre sur Arolla dans la foulée. Après le repas, on se dit qu’on a vraiment bien fait de rester ! Et, pour une fois, on n’a pas besoin de mettre le réveil : grasse mat’ jusque 7h. Un luxe.

Après avoir bien trainé et discuté avec les dernières personnes encore là, on se décide à partir pour les 9.5km de descente. On refait nos sacs, et j’entends Ryan qui me demande : « Cat, t’as pris mes chaussures ? », moi : « Bin, non pourquoi ? », lui : « Elles sont plus la… si tu me fais une blague, aller c’est bon, rends les moi ».

Mais non, ce n’était pas une blague ! Ce matin, quelqu’un était parti avec ses chaussures en taille 41 et avait laissé une merveilleuse paire de chaussure de randonnée non cramponable en taille 43. Sérieusement ! Parfois, les gens sont vraiment…. Mmmm… disons surprenants !

La descente vers Arolla est encore plein de neige sur le haut et comme c’est tout à l’ombre, c’est encore bien tout gelé et bien dur. Sans crampons, on sent la galère (dangereuse galère quand même étant donné la barre de rochers au milieu de la descente).

Donc, on a pris notre temps, Ryan a serré tout ce qu’il pouvait, et pas à pas, en lui refaisant des marches, on est descendus.

Au final, 2h45 plus tard, on est tout pile à l’heure pour prendre l’apéro au camping d’Arolla avec Cyril et Ambre, les 2 gérants super sympathiques.

bilan3

Dons reçus pour MSF 1600€. Le rythme ralentit 😦 Pour faire un don, même le plus petit soit-il, c’est ici

Prochaine étape : Arolla – Bourg Saint Pierre avant d’attaquer les Combins si la météo nous le permet.

1 réflexion sur « Partie 2 : Les 4000 du Valais , épisode 2 : Zermatt – Arolla »

  1. Jaime Alberto Arango Villegas 10 juillet 2018 — 18 h 42 min

    Me impresiona tu capacidad de acción y tu capacidad de compromiso con tus metas. Me encantan las fotos y el relato. ¡Eres una dura! ¡Te quiero mucho!

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :
search previous next tag category expand menu location phone mail time cart zoom edit close